14 000 milliards de Miles : points cadeaux ou vraie monnaie ?
D’après l’article de La Tribune, Flying Blue compte aujourd’hui plus de 30 millions de membres, a généré en 2025 886 millions d’euros de chiffre d’affaires et 218 millions d’euros de résultat opérationnel, soit une rentabilité de 24,6 %. Au premier trimestre, la marge opérationnelle du programme atteignait même 78 millions d’euros pour 111 millions d’euros de chiffre d’affaires. Pas mal pour des “points”.

On croit souvent que les Miles servent uniquement à faire plaisir aux voyageurs.
En réalité, c’est beaucoup plus sérieux que ça.
Les programmes comme Flying Blue ne sont pas seulement des programmes de fidélité. Ce sont, de véritables monnaies complémentaires dites « monnaies complémentaires commerciales » : une unité de valeur émise par un réseau d’entreprises, utilisée pour récompenser certains comportements d’achat et orienter les clients vers un écosystème de partenaires.
Dit autrement : ce n’est pas de l’euro, ce n’est pas une crypto, ce n’est pas non plus la vieille carte de fidélité où il manque toujours le dernier tampon.
C’est une monnaie d’écosystème.
Et l’ampleur est impressionnante.
Les Miles sont probablement la monnaie commerciale la plus connue au monde.
À l’échelle internationale, plus de 14 000 milliards de Miles circulent aujourd’hui, émis par les grandes alliances aériennes.
Et ces Miles ne servent plus seulement à acheter des billets d’avion : ils permettent aussi de payer ou d’obtenir des avantages auprès d’hôtels, de loueurs de voitures, de restaurants, de taxis, de cartes bancaires ou de nombreux services partenaires.
Flying Blue illustre parfaitement cette logique :
- plus de 30 millions de membres
- environ 40 compagnies aériennes
- une centaine de partenaires commerciaux
- 886 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025
- 218 millions d’euros de résultat opérationnel
Pas mal pour des “points cadeaux”.
Mais Pourquoi des entreprises parfois concurrentes acceptent-elles de participer au même système de fidélité ?
Parce qu’un programme individuel récompense le retour dans une enseigne.
Un programme mutualisé crée une valeur utilisable dans tout un réseau.
Pour le client, c’est simple :
“Je gagne ici, je peux utiliser ailleurs.”
C’est ce qui rend la fidélité beaucoup plus utile… donc beaucoup plus attractive pour les entreprises.
Et c’est encore plus intéressant pour les entreprises qui ont beaucoup de coûts fixes.
D’un point de vue strictement économique, un hôtel, un cinéma, une salle de sport ou un restaurant supportent une grande partie de leurs charges même quand ils ne sont pas pleins : bâtiment, personnel, énergie, entretien, matériel.
Une chambre vide, un fauteuil vide ou une table vide ne rapporte rien.
Donc, quand le coût d’accueil d’un client supplémentaire (cout marginal) est faible, il peut être intéressant d’accepter une partie du paiement en monnaie commerciale, surtout en période creuse, avec des règles claires : plafonds, jours concernés, taux d’acceptation, partenaires autorisés.
C’est tout l’intérêt d’un programme mutualisé : transformer une capacité disponible en activité et donc en chiffre d’affaire réelle.
Et si nos territoires avaient, eux aussi, leurs propres “Miles” ?
C’est exactement l’ambition d’INES+ : créer un programme de fidélité mutualisé à l’échelle d’un territoire.
L’idée est simple : ne plus réduire la fidélité à une petite remise isolée, commerce par commerce, mais en faire un véritable outil marketing et économique territorial.
Avec INES+, les entreprises peuvent attribuer des UCL (unité de Compte Local) à leurs clients sous forme de cashback local.
Ces UCL peuvent ensuite être dépensés dans le réseau INES, auprès des commerçants partenaires.
Le client gagne ici, puis peut utiliser ailleurs.
Pour les entreprises, la fidélité devient donc plus attractive, parce qu’elle s’inscrit dans un réseau vivant, local et utile au quotidien.
Les grandes compagnies aériennes l’ont compris depuis longtemps avec les Miles.
Il est peut-être temps que nos territoires disposent, eux aussi, de leur propre monnaie commerciale.
Avec une différence importante : ici, elle ne sert pas à partir loin. Elle sert surtout à faire circuler la valeur ici.